BLOGUE DE LISE : mai 2008 (commentez ce blogue sur mon forum!)

 

Depuis plusieurs mois, je me pose de grandes questions existentielles. J’essaie d’être fidèle à moi-même le plus possible, je tente d’écouter mon intuition et de me laisser guider par cette force mystérieuse, cette intelligence qui orchestre toutes choses. Etre à l’écoute de ce guide supérieur signifie que je dois délaisser les désirs et les demandes incessantes de mon ego. Pas facile, puisque le rôle de cet ego est de me faire croire que je vis continuellement dans le manque, sur tous les plans. L’ego me bombarde de pensées compulsives telles que –tu n’es pas assez bonne, tu devrais avoir plus de ceci et cela, tu devrais te sentir coupable, tu dois prouver ton importance et, surtout, le moment présent n’est pas satisfaisant, mais si tu obtiens ou fais telle ou telle chose, tu auras la possibilité d’être mieux demain, ou l’année prochaine, ou dans dix ans!

  "Tout ce que vous pouvez faire ou rêvez de pouvoir faire, entreprenez-le; l'audace est faite de génie, de pouvoir et de magie." (Goethe)
Parfois, j’arrive à faire remarquer à mon ego que mot-clé ici est « être ». De quoi ai-je besoin pour « être » bien? Comment se fait-il que cette promesse d’un lendemain meilleur n’arrive jamais – du moins pas au niveau de « l’avoir » ? Ces éléments acquis, qu’il s’agisse de succès, reconnaissance, pouvoir, gain financier ou biens matériels, admettons-le, n’offrent qu’une satisfaction temporaire et superficielle. Mais alors, pourquoi leur accordons-nous autant d’importance, au point de les pourchasser toute notre vie, parfois au détriment de notre santé, notre famille et notre droit inné d’être des individus joyeux, remplis d’amour et de légèreté ?

Par exemple, depuis des années, je travaille sur ma « carrière musicale ». Bien que j’aime écrire des chansons et que je sens que l’inspiration qui me vient n’est pas de ce monde, je dois admettre que je me suis laissée emporter dans le courant du « jamais assez ».

 

La joie initiale que j’éprouvais en chantant s’est rapidement transformée en attentes, en exigences, bref, en souffrance. Je me suis identifiée à cette image d’artiste et je devais tout faire pour la protéger, pour lui donner de l’importance, pour la valider.

Soudainement, je vivais dans l’attente et l’insatisfaction chroniques : soif de reconnaissance, besoin d’approbation, peur de ne pas être à la hauteur, crainte d’être rejetée et frustration d’être ignorée par les médias. Plus j’obtenais de « succès », plus violente devenait cette souffrance et moins j’éprouvais la joie de chanter et composer ! Mon besoin de validation extérieure était sans fond, obsessif, futile, et carrément mauvais pour ma santé physique et mentale !

Heureusement, un jour, j’ai vu clair. J’ai compris que mon ego avait le contrôle sur ma vie et que cela devait cesser immédiatement. J’ai réalisé que j’avais « joué le jeu » de la carrière, de l’image d’artiste, au point d’oublier qu’il ne s’agissait que d’un jeu !

 
 

 

Je suis arrivée à cette réalisation en observant l’énorme contraste entre mes deux façons d’être, soit dans un état « d’inconscience » (le cas, la majorité du temps !) versus dans un état plus méditatif de « conscience » de mon identité véritable.

Dans l’état « inconscient », je ne suis pas présente, je suis souvent anxieuse et je résiste à ce qui est, j’essaie de modifier les circonstances pour mieux les contrôler. En revanche, l’état de conscience pure me permet d’être totalement présente et en harmonie avec tout, avec un certain détachement du monde de la forme et de la pensée. Cet état est véritablement euphorique.

Lorsque je me ferme les yeux, que je respire et je sens la vie qui circule en moi –qui est moi-, une joie profonde émane de mon être.

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